Judith HandfieldJudith Handfield
Femme, 33 ans

Étudiante en traduction à temps partiel. Voyageuse, passionnée de l’Amérique latine. Accro à Netflix et à ses documentaires « socio-culturels ». Fan d’analyse psychologique douteuse. Enthousiaste des visites dans les friperies, du théâtre et des bubble teas. Ayant vécu avec un lymphome de Hodgkin en rechutes multiples.

L’histoire de Judith selon Judith…

 Le début

On m’a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin en janvier 2011, alors que j’avais 29 ans. Après le choc de la nouvelle :

« C’est quoi ça un lymphome? Un cancer? Mais non, vous vous trompez de patiente, j’ai 29 ans, je mange des fruits et des légumes en quantité industrielle et je fais de l’exercice. Je suis venue à l’urgence, car je suis sûre (merci wikipédia!) d’avoir une pneumonie ou une bronchite et je voudrais des antibiotiques. »

Les choses se sont enchaînées très vite. J’ai reçu de la chimiothérapie pendant 6 mois et j’ai ensuite bénéficié de deux bonnes années de rémission. Puis, en août 2013, j’ai appris que le Hodgkin était de retour dans mon système, lors d’un scan de routine. En novembre, j’ai eu une autogreffe de cellules souches (après avoir reçu une très forte chimio ayant pour but de détruire toutes les cellules cancéreuses, on m’a redonné mes propres cellules souches). J’avais beaucoup d’espoir pour ce traitement, mais malheureusement, il n’a pas fonctionné. Depuis mars 2014, je suis donc retournée en chimio, en vue d’une éventuelle allogreffe de cellules souches (cette fois, je recevrai les cellules souches d’un donneur, la prémisse étant que le système immunitaire du donneur soit capable de se débarrasser du lymphome, contrairement au mien).

La suite…

Après cette entrée sur le blogue Les Lymphocytes rebelles, Judith a passé l’été à voyager, à profiter de la vie sur les terrasses et dans les parcs montréalais et à préparer son corps pour la greffe. L’automne s’est déroulé en dents de scie alors que deux donneurs de cellules souches se sont désistés.

Le 20 novembre, jour de son 33e anniversaire, elle a été admise à l’Hôpital Royal-Victoria pour sa dernière grande chimio pré-greffe. Toujours positive, elle écrivait au lendemain de sa greffe :

Merci à toutes et tous pour vos mots, vos messages, vos pensées, votre amour. Vous faites une ÉNORME différence dans ma vie. Mes nouvelles cellules souches et moi on se porte très bien et on est en mode « recovery ». Il reste encore un bon bout de chemin pour arriver en haut de la montagne, mais j’y arriverai tout de même en suivant le rythme de la vie qui s’installe tranquillement dans mon corps.

Malheureusement, les choses se sont compliquées peu après. Infection aux poumons, problèmes aux reins, sa santé s’est détériorée au point où elle a été admise aux soins intensifs et est demeurée inconsciente durant plusieurs jours. À la veille de Noël, elle a repris conscience et commençait à aller mieux. Pour les quelques privilégiés qui ont eu la chance de la côtoyer alors, elle nous a fait passer des moments uniques car elle était plus amoureuse, plus affectueuse et plus aimante que jamais. Elle avait espoir de se relever de la greffe et planifiait sa vie post-greffe.

Un violent AVC est venu freiner son élan dans la nuit du 25 au 26 décembre et elle est décédée peu après.